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Au commencement…

L’histoire a commencé (comme bien souvent lorsque l’on s’intéresse au numérique) aux Etats-Unis, au début des années 2000.

Les Massive Online Open Courses (ou MOOC pour les intimes) ont d’abord été l’apanage des grandes universités américaines: le MIT, Stanford, Harvard etc. L’idée étant de proposer certains de leurs cours, ouverts à tous, et ce, gratuitement.

Un besoin existait en effet ; que ce soit par impossibilité géographique et/ou financière, ou simplement par l’élitisme de ces institutions (dont certaines font partie de l’Ivy League). Le moins que l’on puisse dire, c’est que le concept est tout aussi enthousiasmant que la numérisation quasi généralisée des documents d’archives et autres ouvrages littéraires !

En France, il a fallu attendre un peu, les années 2010 précisément, avant que la vague MOOC ne déferle. Par exemple, La plateforme FUN (France Université Numérique) qui propose aujourd’hui plus de 150 cours  a été lancée par le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche en octobre 2013.

Aujourd’hui:

Depuis, les MOOC se sont multipliés et diversifiés, et si les universités restent friandes de cette nouvelle façon de diffuser les savoirs ; les sociétés, conscientes du potentiel que représentent les MOOC dans la formation de leurs employés (et dans le possible recrutement des apprenants les plus assidus) s’y sont mises également.

-Des avantages:

Du coté des apprenants (qu’ils soient étudiants ou salariés), les MOOC présentent plusieurs avantages. Le premier étant l’interactivité. Même si ce point laissait à désirer du temps des premiers MOOC (où l’interactivité consistait simplement à passer d’un slide à un autre), aujourd’hui il serait difficile de créer un MOOC sans au moins un quizz qui permet à l’apprenant de mettre en pratique ses acquis. Autre avantage, l’existence de forums, participant à l’ ‘intelligence collective’. L’apprenant, malgré une solitude apparente derrière son écran est en mesure de communiquer, et éventuellement de corriger les travaux des autres apprenants. Enfin, dernier avantage: celui de l’indépendance (même si ce point est à double tranchant, ce que nous allons voir par la suite). L’apprenant décide seul de l’heure à laquelle il se connecte, de quels sont les supports pédagogiques ( modules e-learning, visioconférences) qu’il va consulter en priorité etc.

 

-Mais aussi des inconvénients à prendre en compte:

Mais cette indépendance fait également partie des inconvénients des MOOC, l’apprenant livré à lui-même, ne va souvent pas jusqu’au bout de la formation. En 2016, on estime en effet à seulement 10 %, le nombre d’apprenants qui suivent réellement l’intégralité de la formation.

Alors pourquoi ce taux considérable d’abandon ?

  • par absence de cadre contraignant (modèle gratuit, ouvert à tous) ?
  • par manque d’intérêt et/ou de temps ?

Probablement un peu toutes ces raisons.

A cela s’ajoute le fait que ces formations n’aboutissent pas à un diplôme reconnu.

-La création d’une nouvelle communauté

Malgré ces désagréments, la communauté des ‘Mooceurs’ se construit et a même organisé pour la première fois en janvier 2017, les ‘MOOC of the Year’ où un jury de professionnels (journalistes, enseignants, professionnels des RH etc.) ainsi qu’un jury d’internautes a décerné 14 prix: Mooc le plus original, Mooc le plus innovant, Teaser de l’année, Mooc le plus international, Meilleur Mooc conçu par une entreprise, meilleur Mooc conçu par une université, Coup de cœur du jury, L’intervenant de l’année, Le serial Mooceur de l’année, L’entreprise la plus innovante, Spoc de l’année, Mooc le plus populaire, Coup de cœur des internautes, Mooc de l’année.

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Mais précisément, qui sont ces ‘Mooceurs’ ? Y a t’-il un profil type ? L’Institut Mines Télécom (IMT) s’est intéressé à la question et a réalisé début mai 2017 un rapport sur le profil des utilisateurs de ses 25 MOOC proposés depuis 2013. Sans surprise, on retrouve des Bac +5 (47%), des Bac +3 (17 %), mais également (et c’est autrement plus surprenant) 13% de lycéens et même 10% de collégiens.

Et après?

Même s’il est toujours un peu délicat de prédire l’avenir, notamment dans le numérique, il est possible de s’interroger sur la viabilité du concept du MOOC tel qu’il existe actuellement. La liberté proposée est telle qu’aucun cadre réellement contraignant n’existe. A la faculté (ou au travail), même si la transmission de savoirs n’est pas considérée comme passionnante, il n’est pas forcément évident de partir. Qui plus est, l’aspect gratuit des MOOC contribue également à cette absence de cadre contraignant.

Malgré tout, l’apprenant moyen des Mooc est jeune, autour de 28 ans, ce qui est on ne peut plus encourageant, car cette tranche d’âge correspond certes à la génération Y, la génération qui a commencé à grandir avec le numérique mais est surtout la génération de jeunes actifs. Si en plus des lycéens et collégiens consomment les MOOC, il est fort à parier que ceux-ci sont partis pour s’installer durablement dans le paysage universitaire et professionnel !