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Le Mobile Learning, ou M-Learning pour les intimes est une des grosses tendances actuellement dans le secteur du E-Learning. Lorsque le E-Learning se consomme majoritairement derrière un écran d’ordinateur (portable ou non), le mobile Learning se consomme lui derrière un écran de tablette ou de téléphone.

Le mobile Learning est appelé à se développer d’une façon assez évidente, puisque le nombre de propriétaires de tablettes et de smartphones ne cesse de se développer. En 2016, selon une étude de la société We are Social, on estimait autour de 62 % le nombre de Français à avoir un smartphone et 32 % le nombre de Français à avoir une tablette. Selon cette même étude, 82 % des Français accèdent à Internet chaque jour et y consacrent 3h 37 depuis un smartphone ou une tablette.

Sur le plan international, c’est également sur le ‘mobile learning’ que compte s’appuyer l’Unesco pour mettre en place des projets pédagogiques dans les pays en voie de développement (car peu d’infrastructures sont nécessaires pour la diffusion des mobiles) et auprès des populations réfugiées, puisque le mobile est un des rares biens à être emporté. Du 20 au 24 mars 2017, l’Unesco a organisé la ‘Semaine de l’apprentissage mobile‘ avec comme objectifs de : renforcer l’inclusion dans l’éducation, préserver la continuité de l’apprentissage dans des contextes de conflit et de catastrophe, ouvrir et enrichir les possibilités d’apprentissage pour les réfugiés et autres populations déplacées, faciliter l’intégration des apprenants dans de nouvelles écoles et communautés et enfin d’améliorer l’impact des interventions humanitaires en encourageant l’innovation dans le secteur de l’éducation.

 

En terme d’expérience utilisateur, il convient de penser à plusieurs points :

Pensez ergonomie. On ne conçoit pas une application comme on conçoit un site. (N’allez surtout pas penser qu’il s’agit juste de re-transposer votre module e-learning pour les terminaux mobiles).

Il faut penser à la luminosité, à la résolution de l’écran (certains formats d’images ne seront pas facilement exploitables). Quel format privilégiez-vous : format portrait ou paysage ? De plus, ne perdez pas de vue qu’il peut être frustrant d’attendre les mises à jour à des dates différentes selon que l’on soit sous Android ou iOs…

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Pensez aux spécificités des terminaux mobiles :

  • la géolocalisation et la réalité augmentée sont des outils qu’il peut être intéressant d’utiliser
  • le système de notifications, qui oblige un tant soit peu l’apprenant à être régulier dans son apprentissage. Attention néanmoins, car c’est autant un atout qu’un inconvénient, puisque l’apprenant sera probablement distrait par d’autres notifications !
  • N’abusez pas trop du texte, le confort de lecture sur écran mobile est très relatif…
  • Etant disponibles sur les plateformes Android et sur l’Apple Store, les applications peuvent être notées et commentées par les mobinautes, constituant un précieux feed-back pour les sociétés créatrices de ces projets.

Quelques exemples de Mobile Learning…

Théoriquement toute formation conçue spécifiquement pour le mobile est considérée comme étant du ‘Mobile Learning’, mais on peut d’ores et déjà évoquer :

  • les ‘Learning apps’ : Les thèmes sont multiples et variés: apprendre les sciences, apprendre à coder , ou apprendre une nouvelle langue (par exemple Babbel)  de même que les publics visés (adultes ou enfants etc.)

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  • dans une moindre mesure, les ‘locative documentary’, ou ‘situated documentary’, autrement nommés documentaires géolocalisés dans nos contrées. Encore peu développés, les documentaires géolocalisés sont surtout orientés sur l’histoire. C’est donc ‘in situ‘, grâce à la réalité augmentée et à des images d’archives, que le mobinaute découvre, ou redécouvre une ville sous un certain prisme historique. On peut citer le projet ‘Jewish Time Jump: New York’ lancé en 2013 ou encore ‘Voyages en Résistances‘ de la société Petit Homme Production, lancé en 2012.

 

L’apparition de  nouvelles questions…

Comme souvent avec l’apparition de nouvelles méthodes d’apprentissage, l’on voit apparaître des questions nouvelles.

Le mobile est le premier écran utilisé en 2017, est apparue par ailleurs l’expression: ‘Mobile First‘. Mais c’est précisément un problème pour certains cadres. Prenons par exemple le cadre scolaire (qui a pourtant amorcé un virage vers le numérique). Il est très clairement demandé aux élèves dans la plupart des cas, de ranger leur portables, ou du moins de les mettre en mode silencieux, afin que le déroulé du cours ne soit pas (entre autres) interrompu par des sons parasites. Dans le domaine de l’entreprise se pose également le droit à la déconnexion, qui est entré en vigueur le 1er janvier 2017.

De plus, quelle place est accordée à la collaboration? L’application permet un rapport personnalisé, ce qui est une force mais peut aussi être une faiblesse selon l’apprentissage que vous voulez mettre en place. Karen Schrier, dans sa thèse ‘Using Augmented Reality Games to teach Histories‘ souligne que : “Mobility and mobile technologies however, do not neccesarily encourage collaboration.” (La mobilité et les technologies mobiles, cependant, n’encouragent pas vraiment la collaboration.) Avec ce constat, elle s’oppose donc à Sandra Gaudenzi, pour qui justement cette particularité est clairement un atout: ” Le documentaire ne s’adresse pas personnellement à quelqu’un, alors que les applications permettent d’avoir ce rapport plus personnalisé. Qu’est-ce que tel ou tel projet web change dans mon quotidien, dans mon environnement privé, dans ma façon de voir le monde ? Je pense qu’étendre l’information généraliste et la personnaliser à travers une plateforme individuelle, tel que le portable ou les tablettes, c’est très puissant.”
(interview à retrouver dans sa globalité ici : Sandra Gaudenzi décrypte le monde du webdocumentaire)