C’était une table ronde attendue, avec les sociétés phares du secteur du digital learning : 360 Learning (représentée par son CEO Nicolas Hernandez), Cornerstone (représentée par son Product Marketing Manager, Geoffroy de Lestrange), CrossKnowledge (représentée par son directeur des opérations France, Olivier Metzker), Futureskill (représentée par la Directrice du Développement Elisabeth Desriac), Talentsoft (représentée par son vice président, Jérôme Bruet) et enfin MoS (représentée par sa CEO, Elodie Primo Amado). L’ensemble était modéré par Noria Larose de Nell&Associés.

 

1ères interventions dans le panel d’intervenants : ‘On peut mentir ou pas ? On peut critiquer les autres ?’ Ambiance. Sortez vos couteaux, ça va être sanglant.

Dans un premier temps, c’est au public que la question a été posée : Qui est satisfait de son LMS ? Quelques mains se lèvent, mais au vu du nombre de participants, assez peu finalement. En toute logique, cela doit signifier que la majorité des participants n’est pas satisfaite de son LMS, sauf qu’à cette question là encore, une minorité de mains se lève. Qu’en conclure ? Que les participants sont dans une relation ambiguë par rapport à leur LMS ? Ni enthousiasmés, ni totalement réfractaires ?


Des éléments de réponse sont alors apportés par les intervenants  :

Pour Geoffroy de Lestrange (Cornerstone), ces dernières années, beaucoup d’efforts ont été apportés sur le suivi, le plan administratif, les statistiques de connexion, parfois au dépend d’autres éléments. Pour lui l’accent devrait être mis sur la justification du retour sur investissement.

Elizabeth Desriac (Futureskill) a pour sa part insisté sur le fait que chez Futureskill, le pourcentage de rétention des clients était de 95 %. Pour elle, ‘ne pas être content’ est une bonne nouvelle et représente du moins un terme intéressant, car cela dénote de la passion, une intention. Elle ajoute que les clients attendent en fait un accompagnement bienveillant.

Elodie Primo Amado (MoS), a quant à elle confirmé que le ‘mouton à cinq pattes n’existait pas’. Les sociétés veulent du tangible, mais du travail reste à faire dans l’approche métier.

Ce fut ensuite au tour d’ Olivier Metzker (CrossKnowlege) de proposer des éléments de réponse. Outre le ‘Parce qu’on est en France’ ( #paysderaleurs ) il a mis en garde contre des exigences qui changeaient d’année en année. Qui plus est, entre les attentes de granularisation fluide, de personnalisation et la réalité, il y a malheureusement des écarts … Il a ajouté qu’il fallait insister sur l’accessibilité (pour ne pas dire pervasivité) et sur la construction d’expériences d’apprentissage cohérentes.

Puis vint le tour de Nicolas Hernandez ( 360 Learning). Selon lui, on en demande trop aux LMS. Leur demander d’entretenir l’engagement des apprenants est une erreur. Raison pour laquelle il a présenté 360 non pas comme un LMS mais comme un Learning Engagement System.

Réactions vives mais polies au sein des intervenants. 360 Learning n’est pas la seule société à se concentrer autour de la question de l’engagement des apprenants…

Il a enchaîné par la suite sur une petite diatribe du format SCORM qui est selon lui une ‘prison invisible’ entraînant des temps de développement trop longs. ‘Le modèle c’est Instagram, pas Photoshop !’

Là encore, quelques vives réactions se sont manifestées de la part des autres intervenants, notamment de Jérôme Bruet (Talentsoft) qui lui a conseillé d’essayer SkillCatch.

Nicolas Hernandez a repris la parole et a affirmé que le LMS est une brique RH comme les autres, et qu’il faut choisir sa proposition de valeur.

Olivier Metzker (CrossKnowledge) a quant à lui insisté sur le fait que ce qui obsède chez CrossKnowledge, c’est la motivation. Quel est le format, le timing, l’accessibilité qui fait que l’expérience d’apprentissage aboutira ?

Puis vinrent les mots de la fin (avant les questions du public) : ‘Ce qui compte c’est le contenu’, ‘Il est primordial de poser des questions aux apprenants, c’est eux qui ont la sagesse.’


L’affaire aurait pu se terminer là sans une question qui leur a ensuite été posée. C’est par ailleurs à une de mes collègues, Géraldine Germani, consultante chez Tree Learning que l’on la doit :

“Pourquoi personne n’est content de son LMS ? La question n’est-elle pas liée à de fausses promesses que l’on ferait peut-être aux apprenants ? On assiste chaque jour à la création de concepts nouveaux, on va bientôt avoir du jumping learning, et même soyons fou du licorne learning ! Or quiconque s’est mis en posture d’apprendre à l’âge adulte une langue, un instrument de musique, le sait : apprendre c’est dur ! Alors est-ce qu’au final le mécontentement ne viendrait-il pas de là, entre des promesses de gamification, de facilité quand le constat est qu’apprendre n’est pas toujours joyeux ?”

Licorne Learning, oui. L’expression prête à sourire certes, mais elle dénote pourtant une certaine vérité. A cette question, les intervenants ont répondu qu’en effet, il fallait faire en sorte de trouver le bon format de formation et le bon découpage pour rendre digeste des apprentissages en fonction des moments. Tout l’enjeu réside là : résoudre l’équation format + moment = motivation et résultats.