Le eLearning a considérablement changé la façon de transmettre les savoirs au XXIème siècle. Mais qu’en est-il des différents siècles ? Avec cette nouvelle série d’articles, nous allons voir l’histoire de l’éducation, ou du moins, une introduction. Quelles sont les évolutions qu’a connu le secteur de l’éducation à travers les âges ?

 

L’ Antiquité Grecque

L’éducation grecque s’est intéressée que tardivement aux enfants.

Lucien Febvre, dans son commentaire de l’Histoire de l’éducation dans l’Antiquité de Henri Irénée Marrou affirme que : “En premier lieu, nous dit-il, l’éducation qui transmet cet humanisme est orientée non vers le développement de l’enfant – mais vers la formation de l’adulte. D’où à Athènes comme à Rome, méconnaissance absolue et dédain parfait de la psychologie de l’enfant en tant que tel...”

Et effectivement, l’enfant est très mal considéré, confronté à des violences quotidiennes.

 

SPARTE :

Prenons par exemple l’école spartiate, nommée ‘agôgê‘ qui pourrait être traduit par ‘conduite d’un troupeau’.

On est donc clairement dans une optique de ‘dressage’ où les enfants âgés de 7 à 12 ans ( les paides) sont sous la responsabilité d’un magistrat aidé d’un jeune citoyen, le mastigophoroi, le porteur de fouet. On est loin d’une quelconque idée de bienveillance. En terme d’apprentissage, on leur apprend à lire, écrire, chanter mais surtout à se développer et à s’endurcir physiquement.

Ensuite, de 12 à 20 ans, les ‘paidiskoi‘ ou ‘meirakia‘ se doivent d’apprendre à vivre de façon on ne peut plus frugale ( marcher pieds nus, ne posséder qu’un seul manteau pour l’année entière, se confectionner eux-mêmes des paillasses, recevoir une quantité infime de nourriture, les obligeant à voler). Plus tard, lorsqu’ils sont ‘éphèbes’ ils passent par l’épreuve rituelle de Platanistas. Le rite commence par un sacrifice à Achille, puis se poursuit par un combat de sangliers domestiques qui est supposé présager la victoire de l’équipe qui l’avait fait combattre. Le combat était bien évidemment placé sous le signe de la violence ( allant même jusqu’à l’arrachage des yeux).

Ce système éducatif,  obligatoire, est régi par la cité, puisque destiné à former à la vie collective, et à former de futur soldats.

 

ATHENES :

Du côté du rival Grec, Athènes, l’école n’est pas régie par la cité mais d’une façon privée. C’est pourquoi les enfants provenant de familles aisées poursuivaient plus longtemps leurs études. A partir de 7 ans, ils apprenaient la lecture avec un ‘grammairien‘ (les fables d’Esope, Homère, Hésiode),  la musique enseignée par un ‘cithariste‘,  les valeurs morales (centrées autour de la notion de ‘vertu’), le calcul et les mathématiques et à partir de 15 ans, l’accent était mis sur les disciplines physiques (maniement des armes, tir à l’arc, lancer de disque, lutte etc.), les disciplines que l’on retrouvaient lors des Jeux Olympiques et des Jeux du Panathénée. C’est également plus tard, que l’adolescent était amené à à apprendre la rhétorique, véritable outil de pouvoir.

Le but de ce système éducatif étant de former les futurs citoyens et là encore, comme sur le modèle de Sparte, la violence accompagne l’éducation de l’enfant.

Platon résume ainsi, dans cet extrait du Protagoras le système : ‘Dès qu’un enfant comprend ce qu’on dit, sa nourrice, sa mère, l’esclave qui s’occupe de lui et son père lui-même s’appliquent à en faire un enfant accompli, prenant occasion de chaque fait, de chaque parole pour lui donner une leçon, lui expliquer que telle chose est juste, telle autre injuste, belle ou laide, pieuse ou impie, et lui dire: “Fais ceci; ne fais pas cela.” S’il obéit de bon coeur, c’est très bien : sinon, comme un morceau de bois qu’on tord, qu’on courbe, on le redresse par des menaces et des coups. Après cela, on l’envoie à des maîtres que l’on charge de veiller à la bonne tenue des enfants beaucoup plus qu’à l’étude des lettres et de la cithare. Les maîtres y veillent et, lorsque les enfants apprennent leurs lettres et sont en passe de comprendre ce qui est écrit, on leur donne à lire sur leurs bancs et on les force à apprendre par coeur des vers de bons poètes, dans lesquels il y a beaucoup d’exhortations, beaucoup de récits, des éloges, des panégyriques d’hommes valeureux du temps passé, afin que l’enfant pris d’émulation les imite et aspire à leur ressembler.’