L’intérêt pour les assistants vocaux va grandissant, que ce soit dans le secteur du marketing et celui du digital learning. Certains ont même recours à de nouveaux termes comme le vox learning. Alors, les assistants vocaux sont-ils appelés à s’imposer dans le digital learning ?

 

Il nous faut déjà faire un rapide retour en arrière pour bien comprendre l’évolution des assistants vocaux. En 2011, Steve Jobs lance Siri, le premier assistant vocal. Depuis les chatbots vocaux (basés donc comme tout chatbot sur un système d’intelligence artificielle) se sont multipliés, par exemple Home de Google ou le petit dernier, Alexa lancé par le géant Amazon.

Ce nouvel interface vient bousculer l’habituel partage qui était jusqu’alors opéré dans un contexte d’apprentissage, entre les classes et les plateformes LMS. Son principal argument étant son instantanéité ; on pose une question à son assistant vocal, celui-ci répond immédiatement, et ce, quelle que soit l’heure ou le jour. Autre argument intéressant, les assistants vocaux proposent un parcours personnalisé à l’apprenant, et cela pour plusieurs raisons. Déjà parce qu’il s’agit d’une intelligence artificielle qui va donc s’adapter au fur et à mesure aux questions de l’apprenant, à ses préférences, à ses habitudes.

Ensuite, parce qu’ ils sont aujourd’hui sortis de leur seule utilisation mobile pour investir, grâce à leurs enceintes, le cadre privé. De cette façon, les assistants vocaux s’inscrivent dans un cadre précis, le votre. Les enceintes ne sont pas destinées à changer régulièrement de place, de cadre, et cette certaine sédentarité apporte elle aussi un caractère personnel à leur utilisation.

De plus, l’intérêt est évident pour tout apprentissage d’une langue. C’est d’ailleurs un élément qui n’a pas échappé à Google, qui depuis mai dernier, a décidé d’ investir dans la startup Edwin, une IA de tutorat en anglais (en vue notamment du TOEFL). Pour l’instant disponible via Facebook Messenger, Edwin fait partie des 4 startup repérées et accompagnées par le géant américain pour développer l’offre de Google Assistant, ainsi que celle de Google Home.

 

 

Néanmoins, comme toute chose annoncée comme allant révolutionner un secteur précis (et chacun sait que c’est chose courante dans le digital learning) on est en droit de se poser quelques questions.

Les détracteurs les qualifient volontiers d’outils espions. Ces critiques, nous n’allons pas revenir dessus, tant elles sont déjà connues et intégrées.

Mais d’un point de vue purement pédagogique, ces assistants vocaux vont-ils réellement faire la différence ? Quel regard porter sur l’autonomie de l’apprenant ? Est-il suffisamment clairvoyant sur ses acquis et ses lacunes pour poser les bonnes questions ?

Et puis peut également se poser la question de l’aspect gadget. L’ objet/enceinte est certes beau et design, mais donner une telle importance à l’apprentissage sonore n’est-il pas présomptueux ? Certes la voix a une place très importante dans tout processus d’apprentissage, mais les récentes découvertes de neurosciences ont démontré que l’homme est surtout un être visuel, et que c’est en réalité l’association image+explication sonore simple qui est le plus efficace. Partant de ce constat, les assistants vocaux ne seraient donc pas à considérer comme la pierre angulaire d’un nouvel apprentissage , mais faisant partie d’un apprentissage digital learning global et complexe, incluant plusieurs méthodes de travail.

L’avantage de ces assistants vocaux étant que tout est encore à créer. On peut par exemple s’attendre un jour à avoir des assistants vocaux qui proposeraient des formations gamifiées. Mais pour l’instant, seul l’avenir nous dira si les assistants vocaux vont réellement impacter le secteur du digital learning en France.

 

Cette petite vidéo en bonus 🙂