L’apprentissage par l’erreur dans le e-learning

Socrate a dit : « La chute n’est pas un échec. L’échec, c’est de rester là où on est tombé ». Certes, mais dans la pratique, c’est souvent plus compliqué. L’ échec est souvent à l’origine d’une perte de confiance en soi, d’une remise en question, de doutes. Nous sommes dans une société qui a également souvent valorisé les réussites et pointé du doigt les erreurs, notamment dans le milieu éducatif. Cependant, ces pratiques tendent à évoluer ces dernières années et nous allons voir à quel point l’apprentissage par l’erreur a du sens, notamment dans le e-learning.

Entreprendre, c’est s’exposer à l’échec

Si demain vous souhaitez accomplir de grandes choses et lancer votre entreprise, sachez que l’échec est omniprésent dans le monde de l’entreprenariat. Les start-up par exemple sont des machines à échouer. Le business model américain l’a bien intégré c’est pourquoi il a toutes ces belles success story à son actif. Quel entrepreneur US n’a jamais connu de failles lorsqu’il a lancé son activité ? Si on prend l’exemple du producteur Walt Disney lorsqu’il s’est lancé dans le cinéma, il avait été critiqué pour son manque d’imagination. Aujourd’hui, les enfants du monde entier grandissent avec ses productions. On a aussi l’exemple de l’allemand Albert Einstein qui était un enfant turbulent et avec des difficultés pour apprendre, pour autant, il s’est quand même vu décerné le Prix Nobel de Physique ! 

Les Etats-Unis connaissant également le concept des Failcon qui a fait son apparition en France en 2011. Les Failcon consistent à mettre en place des conférences sur les échecs de chacun. Qu’ils soient entrepreneurs, investisseurs ou artisans, l’objectif consiste à dédramatiser les ratés pour mieux rebondir et aller plus loin. 

L’apprentissage, une affaire personnelle

Si on revient au monde de la formation et que l’on analyse l’expression e-learning, plusieurs points peuvent être intéressants à soulever. “E” signifie le web, le numérique, et “Learning” renvoie à l’apprentissage. Mais en y regardant de plus près, peut-on considérer qu’un apprentissage soit web, ou numérique ? Pas vraiment. L’apprentissage est une affaire personnelle, un processus propre à chacun. Nous avons tous notre manière d’apprendre, nos propres facultés et facilités. Et ces différents profils d’apprenants se retrouvent aussi bien en présentiel qu’en distanciel, c’est pourquoi il faut savoir composer avec.

Le e-learning comme modèle adapté à la gestion de l’échec

La peur de l’erreur est ancrée en chacun d’entre nous, elle repose sur le modèle socio-éducatif que nous avons reçu, elle peut être plus ou moins grande selon les expériences. Rappelons-nous ces traumatismes subis à l’école lorsqu’on se trompait en allant au tableau. Derrière un écran, cette peur est perçue différemment. Le e-learning détient un avantage par rapport au présentiel car il apporte un contexte sécuritaire. Les modules encouragent les apprenants à sortir de leur zone de confort et celui-ci aura plus facilement tendance à prendre des risques. L’échec permet d’apprendre davantage et de se poser les bonnes questions. Pour un apprenant, il sera bien mieux de travailler ses points faibles quitte à échouer au cours d’une formation plutôt que de les manifester au travail. Cela sera rassurant et augmentera sa confiance en lui. Il est important qu’au cours des formations, le formateur apporte à chacun soutien et accompagnement. Les ingénieurs pédagogiques quant à eux, doivent proposer un contenu qui laisse place à l’échec. Si le contenu de la formation comporte des lacunes, la vraie faute sera de ne pas la corriger. 

Intégrer l’échec dans le processus d’apprentissage

Comme évoqué plus haut, l’échec est inévitable au sein d’un processus d’apprentissage. C’est ce qui permet de ressortir plus confiant et plus grand. Lors de la conception de la formation, les ingénieurs pédagogiques et formateurs peuvent parfois rentrer dans le côté obsessionnel des scores. Pourtant, il faut intégrer le fait que l’apprentissage n’est pas juste un résultat mais c’est aussi un processus. 

C’est pourquoi, le formateur a un rôle fondamental pour l’aider à surmonter cette peur de l’échec :

  • Il doit définir des objectifs clairs et précis au début de la formation. Bien expliquer l’enjeu du module et comment les apprenants pourront gagner en compétence est nécessaire.
  • Les contenus doivent être clairs, précis et percutants. Lorsque l’ingénieur pédagogique conçoit la formation, il doit intégrer des techniques d’apprentissage stimulantes et ludiques comme la gamification ou le social learning
  • Faire confiance aux apprenants. Il doit être placé au cœur de l’apprentissage. On doit lui donner la possibilité de “sauter” des parties pour y revenir plus tard, l’informer lorsque le module est noté ou lorsque c’est un simple entraînement. Cela aura un effet dédramatisant assuré. Si vous acceptez que les apprenants échouent lors d’un quiz pour mieux réussir dans leur travail, vous êtes sur la bonne voie.

Anticiper l’échec de ses apprenants

Un conseil donc, ne négligez pas les erreurs de vos apprenants, ils font partie de leurs réussites futures. Pour aller plus loin dans l’accompagnement des apprenants, des recherches ont été menées pour pouvoir anticiper les difficultés des apprenants dans le e-learning. C’est notamment le cas de Mohamed Mouaici, doctorant chez Logipro au Puy-en-Velay, qui s’est penché sur la question. Les données collectées sur les logiciels de diffusion de la formation (plateformes LMS) pourraient permettre d’analyser les comportements des apprenants et d’anticiper un éventuel échec. L’objectif serait donc de proposer des solutions informatiques aux équipes pédagogiques afin de proposer des remédiations aux apprenants lorsque c’est nécessaire.